États-Unis, cessez toute ingérence au Venezuela !
États-Unis hors d’Amérique latine et des Caraïbes !
Déclaration du Réseau pancanadien pour la paix et la justice
2 novembre 2025
Le Réseau pancanadien pour la paix et la justice (CWPJN) condamne l’escalade des menaces de guerre américaines contre le Venezuela et l’expansion rapide de la présence militaire américaine dans les Caraïbes.
En tant que coalition d’organisations pacifistes du Canada, nous condamnons également sans équivoque le premier ministre Mark Carney pour le silence de son gouvernement face à la diplomatie meurtrière de la canonnière menée par l’administration Trump dans la région et nous l’appelons à se désolidariser de toute nouvelle atteinte américaine à la souveraineté nationale du Venezuela.
Depuis les premières exécutions extrajudiciaires du 2 septembre 2025, l’armée américaine a continué de bombarder des embarcations légères, tuant au moins 57 personnes dans les eaux internationales au large des côtes du Venezuela et de la Colombie. Comme le rapporte la CBC, ces exécutions extrajudiciaires ont été facilitées par l’utilisation de systèmes de surveillance de haute technologie conçus et fabriqués à Hamilton, en Ontario :
« La technologie canadienne a aidé les États-Unis à frapper des bateaux vénézuéliens soupçonnés de trafic de drogue : rapport du 6 octobre 2025 par Project Ploughshares qui a confirmé que les deux opérations ont eu recours à des systèmes de capteurs électro-optiques/infrarouges (EO/IR) avancés, construits à Hamilton, en Ontario, par L3Harris WESCAM ».
Face à cet exemple de complicité canadienne, le gouvernement libéral de Carney doit prendre la parole sur la scène internationale, notamment aux Nations Unies, pour condamner les assassinats perpétrés par l’administration Trump comme une violation flagrante du droit international.
Début août, le gouvernement américain avait entamé un renforcement dangereux et provocateur de ses forces navales dans les Caraïbes. Au 2 novembre 2025, les États-Unis ont déployé au moins 10 000 soldats, ainsi que des destroyers lance-missiles, des avions de chasse F-35, des hélicoptères Blackhawk, un sous-marin nucléaire et de nombreux autres navires et aéronefs de guerre. L’USS Gerald R. Ford, le plus gros navire de guerre au monde, est en route vers la région, depuis l’Europe où il était stationné. Il convient de rappeler que même la simple menace d’utiliser la force contre un État membre constitue une violation de l’article 2 de la Charte des Nations Unies.
L’administration Trump a tenté de justifier cette escalade militaire sous prétexte de lutter contre les trafiquants de drogue. Or, les États-Unis n’ont fourni aucune preuve que les personnes assassinées étaient des trafiquants de drogue, ni même que les bateaux détruits transportaient de la drogue. En réalité, les familles des personnes brutalement assassinées ont déclaré que leurs proches étaient des pêcheurs sans aucun lien avec le trafic de drogue. De plus, rien ne prouve que le Venezuela soit impliqué dans le trafic de drogue vers les États-Unis.
Le Rapport mondial sur les drogues 2025 des Nations Unies mentionne à peine le Venezuela, se contentant de noter que 5 % de la cocaïne colombienne transite par ce pays. L’accusation de « trafic de drogue » n’est que la dernière version des (inexistantes) « armes de destruction massive » utilisées comme prétexte à l’attaque et à l’occupation sanglantes de l’Irak par les Anglo-Américains en 2003.
Le 24 octobre, les États-Unis ont également annoncé des sanctions contre le président colombien Gustavo Petro, une escalade des menaces proférées précédemment contre la Colombie, qui partage une longue frontière terrestre avec le Venezuela. La Colombie était autrefois un fidèle allié des États-Unis en Amérique du Sud. Mais aujourd’hui, avec l’élection de Petro et son refus de se conformer à la politique étrangère américaine (par exemple sur la question palestinienne), la Colombie se retrouve elle aussi sur la sellette de l’Empire.
Depuis plus de deux décennies, soit depuis le début du processus révolutionnaire bolivarien au Venezuela, le gouvernement canadien s’est rangé du côté des États-Unis lors de leurs interventions, tant secrètes qu’ouvertes, en violation de la souveraineté et du droit à l’autodétermination du Venezuela. En effet, l’ancienne ministre des Affaires mondiales, Chrystia Freeland, a joué un rôle de premier plan à l’échelle du continent américain dans cette opération de changement de régime, en contribuant à la création du tristement célèbre « Groupe de Lima », qui cherchait illégalement à remplacer le président vénézuélien légitimement élu, Maduro, par un usurpateur du nom de Juan Guaido. Le Canada a soutenu le blocus américain contre le Venezuela et a imposé ses propres sanctions économiques unilatérales et illégales. Cette politique qualifiée de « guerre sans bombes » par des dissidents vénézuéliens soutenus par les États-Unis, comme la lauréate du prix Nobel Maria Machado, continue de tuer des Vénézuéliens et de transformer des millions de personnes en réfugiés en leur refusant l’accès à la nourriture, aux médicaments et aux biens de première nécessité. Il est honteux que notre gouvernement fédéral continue de soutenir cette nouvelle opération de changement de régime menée par les États-Unis, après les catastrophes qu’ils ont provoquées avec l’OTAN dans des pays comme l’ex-Yougoslavie, l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Afghanistan.
En tant que militants pour la paix et contre la guerre, nous savons également que l’administration Trump ne se contente pas de vouloir piller le Venezuela pour ses vastes ressources, notamment le pétrole, l’or et le coltan. Les menaces de changement de régime proférées par les États-Unis contre le président Maduro visent avant tout à détruire l’indépendance du Venezuela vis-à-vis de la politique étrangère américaine, alors que les États-Unis tentent de reconquérir leur hégémonie déclinante sur l’Amérique latine et les Caraïbes. Le gouvernement du président Maduro aujourd’hui, et celui du président Chavez auparavant, ont farouchement défendu la souveraineté du Venezuela face aux attaques menées par les États-Unis et se sont opposés au sionisme, à l’impérialisme et au colonialisme. À titre d’exemple de cette indépendance, le gouvernement vénézuélien a rompu ses relations diplomatiques avec Israël en 2009 et continue aujourd’hui de soutenir fermement les Palestiniens face au génocide israélo-américain.
Le Réseau pancanadien pour la paix et la justice (CWPJN) appelle à tous les personnes du Canada de rejoindre au mouvement mondial grandissant qui exige : « États-Unis : cessez toute ingérence au Venezuela !» Nous devons être prêts à descendre dans la rue pour protester contre la machine de guerre meurtrière des États-Unis qui menace de semer la mort et la destruction au Venezuela et dans la région. Nous devons soutenir le droit des peuples d’Amérique latine et des Caraïbes à la souveraineté et à l’autodétermination.
Rejoignez le Réseau pancanadien pour la paix et la justice et ses plus de 50 groupes membres pour exiger : « États-Unis : cessez toute ingérence au Venezuela !» et restez à l’écoute pour tout appel à l’action.
Le Réseau pancanadien pour la paix et la justice (CWPJN) appuie l’appel à l’action « Non à la guerre contre Venezuela » https://unac.notowar.net/no-war-on-venezuela-all-out-for-a-week-of-emergency-protests Cet appel comprend une semaine de manifestations d’urgence du 15 au 23 novembre, ainsi que des actions possible dans les 24 heures suivant toute escalade majeure des États-Unis contre le Venezuela. Nous encourageons les membres du CWPJN et toutes les organisations pacifistes et anti-guerre à enregistrer leurs actions sur https://unac.notowar.net/no-war-on-venezuela-action-registration et auprès du CWPJN à l’adresse canadapeaceandjustice@gmail.com.
États-Unis, cessez toute ingérence au Venezuela !
États-Unis hors d’Amérique latine et des Caraïbes !